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Naissance d'un poème

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Des masques en légions dans mes terres de fer

Me trompent en hurlant et j'éclate en sanglots.

De ces coups violents je ne puis me défaire,

Interrompre le cours de ces ténébreux flots.


Ils m'attirent parfois, et toujours je refuse

De jouer au pantin dans leur cirque des ombres,

Attendent sagement, attendent pleins de ruse,

Que je sombre docile en leurs abysses sombres.


A ces masques grinçants je leur tourne le dos,

Mais leur poigne solide, leur rire caquetant 

Suivront ma route, odieuse, dès le blanc landau

A la pierre salie des caveaux inquiétants.


J'allais ainsi souillé, ô bien aimée-douleur,

Terre si aride, palais de mes regrets !

Quant, au pied d'un charnier, je découvre une fleur

Blanche et pure, innocente, une fleur égarée


Dans les lieux infernaux de mon esprit brisé.

Fasciné, j'oublie tout : les pensées désastreuses,

Les colères, les doutes, les amours déguisés,

Face au grain délicieux des feuilles duveteuses.


Aussitôt je désire en faire, pauvre hommage, 

Cadeau à celle pour qui je marche, appelé,

Qui, jamais, ne me laisse observer son visage :

La beauté ne se laisse des errants contempler


Petite fleur perdue dans la steppe accablante,

Viendrai-je te cueillir de ma plume émoussée ?

Cette serpe gauche s'approche là, tremblante, 

Et d'un geste imprécis t'enlèves du fossé.


Ô victoire, ô délice ! Je m'enivre de paix,

Qui me permet amant de promettre ce don

A toi que j'espère, pour qui ma mélopée 

Résonne tristement dans l'écumant chaudron.


Je me hâte, j'accours, pour porter à la femme 

Cette poésie qui déjà perd son odeur,

Et me jette à ses pieds, tout meurtri de mes flammes 

Mais mon espérance déjà perd sa saveur.


De dos je la contemple, sa robe de musique

Dévale le perron du temple des espoirs.

Sera t-elle attirée par ce présent pudique ?

A peine recueilli, tout flétri et tout noir.


Mes larmes meurtrissaient des degrés le clair marbre 

Quand -joie !- j'entendis un doux rire.

“Tu es fou, me dit-elle. Ta douleur est un arbre,

Cette fleur est son fruit : ne cesse pas d'écrire.”


 
 
 

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